QUAND LA NEIGE M'APPELLE


21 juillet 2019

Résumé : Deux soldats isolés en pleine tempête. Dans un chant glacé, une femme blanc comme neige apparaît. Elle va tuer l’un d’eux et épargner l’autre en le liant à elle par une promesse. Cette nuit-là, Sakai a trouvé l’amour, mais il ne le sait pas encore. Il ignore qu’il a ouvert la porte du destin et que, jamais plus, il ne pourra se détacher de la neige, ni lui, ni les siens.

 

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La Neige. Belle, blanche et froide... comme cette femme qui s’approche. Sur cette neige s’engagent deux hommes. Un seul reviendra.

  

Celui-ci ne sait pas s’il a rêvé ou si la réalité s’est moquée de lui. Depuis cette rencontre fantomatique et effrayante mêlant une attirance sexuelle certaine, le monde n’est plus le même à ses yeux.

  

Et puis cette femme se montre dans sa réalité, lui démontre de l’amour, inattendue avec deux êtres qui semblent se ressembler, mais dont l’unique fil rouge entre eux est une certaine angoisse de l’existence.

  

Avec cette adaptation du conte japonais « La femme des Neiges » ou en japonais « Yuki-Onna » de Lafcadio Hearn, Makoto Aizawa surprend son lecteur avec un récit presque silencieux, ou deux êtres que tout oppose, blessés par la vie... ou la mort, s’essaient à une vie de couple normal comme dans une bulle. Semblant éviter toutes questions dangereuses, jusqu’au jour où le rêve prend fin. Trop de questions finalement, trop d’anormalité dans une réalité acerbe d’un monde qui semble attendre une guerre.

  

Le récit se fait en deux parties : celle que nous connaissons de l’œuvre réadaptée à notre époque ou proche de la nôtre, et celle d’un futur dans lequel reste une certaine mélancolie mêlée à un avenir un peu plus chaleureux.

 

Sans trop dévoiler, et s’agissant d’un conte fantastique, je suis seulement assez dérouté du scénario et de sa finalité, du devenir de la femme des neiges. Une personne venue d’un autre monde peut-elle disparaitre comme un humain ? Ou bien fait-elle croire à sa disparition ?

  

Le dessin de Makoto Aizawa est de bout en bout magnifique, car fait à l’aquarelle rendant grâce à des niveaux de gris, de blanc et de noir dont l’imprimeur a su garder toute la froideur. C’est un équilibre difficile à garder en impression et Chatto-Chatto à bien suivit le processus de bout en bout pour que l’édition soit impeccable.

 

Il est toujours difficile de parler de traduction, mais je tiens aussi à rendre hommage au « B.L.A.C.K STUDIO » chargé aussi de l’adaptation, la correction et le lettrage du travail sur ce one-shot pour par exemple : Rendre vivant les dialogues comme celle d’une jeune sourde pour qui les paroles d’une personne semblent s’effacer dans sa bulle, mais aussi la chanson que chante la femme des neiges qui rime ce qui n’est pas souvent le cas dans certaines adaptations.

   

QUAND LA NEIGE M’APPELLE est une vraie réussite, tant qu’en édition que par sa nature mixte entre le manga et la bd européenne. Makoto Aizawa ne cache pas son influence venue de la bande dessinée française. C’est même assez proche du cinéma de la nouvelle vague, ces films indépendants et sociaux des années 60 en France.

 Yota

 

Auteur Makoto Aizawa

Editeur :  Chatto-Chatto

Type : Seinen

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